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GL & SSA N°83-174 - Septembre/Octobre 2018 GL & SSA N°83-174 - Septembre/Octobre 2018 Entrevue PAROLES DE PRO 22 25 Avis de Pierre Brocvielle sur le matériel... Pierre Brocvielle dont nous venons de présenter le centre dans les pages précédentes nous confie son opinion sur des sujets qui portent à la discussion dans la profession... Poudre ou liquide ? Pour les produits, Pierre a un seul fournisseur, celui avec lequel il a commencé, il y a 21 ans, et qui était alors attaché à son constructeur de matériel. Ce dernier ayant finalement disparu après quelques années, Pierre est entré en contact avec le chimiste et a fait affaire finalement en direct avec lui. Il est satisfait des performances des produits et n'a donc pas cherché d'autres fournisseurs. De bonnes relations qui ont ainsi conduit les deux sociétés à travailler ensemble sur la création d'un produit jantes efficace, qu'utilise toujours Pierre. Concernant les produits, Pierre a son idée, argumentée, sur la question polémique : poudre ou liquide ? En ce qui le concerne, lui et son centre (« qui n'est pas représentatif de tous les centres », insiste-t-il), il préfère grandement le shampoing liquide ! « D'abord, il ne bouche pas mes tuyaux, n'encrasse pas mes pompes. Il n'est pas non plus aussi agressif chimiquement que la poudre : il ménage donc la tuyauterie, les machines... et mon personnel qui manipule tous ces produits ! Et puis, si j'avais utilisé de la poudre qui ne se dissout bien qu'à une température de 60°C, je n'aurais pas pu mettre la température globale de l'eau sur mon centre à 45 ou 50°C. Grâce à cette baisse, j'économise de l'énergie et j'use aussi moins mes chaudières. Bien sûr, je me suis fait confirmer que l'eau à 60°C n'apportait pas plus d'efficacité au lavage qu'une eau à 45° ou 50°C. Pas question de transiger sur la qualité non plus ! » Et puis, un dernier argument en faveur du liquide : pour Pierre, quand les normes écologiques vont se renforcer concernant les détergents, il vaudra mieux avoir opté pour du savon liquide que du savon en poudre, plus nocif chimiquement parlant. Pour autant, Pierre reconnaît qu'à l'heure actuelle, c'est la poudre à priori la plus efficace. « Mais, comme je suis certain que la chimie ne peut pas tout toute seule, qu'elle ne peut pas tout nettoyer, je veux dire sans action mécanique, cela relativise son intérêt dans mon centre où j'ai toujours mis des brosses sur les pistes ! ». Bref, comme le client va, selon Pierre, de toute façon utiliser de l'huile de coude aussi, choisir de la poudre ou du liquide, s'avère moins déterminant pour lui. Et comme l'huile de coude ça peut salir aussi, un lavabo pour se nettoyer les mains est disponible à côté des pistes « Attention, pas pour faire du lavage à la main, c'est interdit ici, et bien marqué juste à côté. Et il est fermé la nuit pour qu'il n'y ait pas d'utilisation abusive », fait remarquer Pierre. Haute-pression, portique, tunnel ? Haute-pression ou portique ? Pierre a pu observer, chez un de ses confrères, le fonctionnement des portiques ce qui l'a rendu assez critique sur ce type de matériel reconnaît-il, même s'il sait qu'il y a une clientèle : « d'abord, c'est un vrai investissement financier dont la rentabilité n'est pas si aisée à trouver. Ensuite, il faut une personne sur place si l'on veut qu'il soit entretenu et en état de marche tout le temps. Les portiques nécessitent aussi, à mon avis, une maintenance lourde. Quant à la consommation d'eau... 300 à 400 litres d'eau, notablement plus qu'avec la haute pression. Il y a encore le système de recyclage de l'eau qu'il faut changer environ tous les deux ans. Et justement à propos de l'eau : sincèrement, l'eau recyclée, par temps de grosse chaleur, ça ne sent pas très bon... Et puis, la chimie se dérègle régulièrement, alors il faut être vigilant et s'en occuper souvent. » Ce qu'il aimerait, en fait, c'est avoir un tunnel... s'il avait assez de place, ce qui n'est pas le cas pour le moment. Il croit à ce type de solution plus qu'aux portiques : « vous comprenez, avec un tunnel vous passer beaucoup plus de voitures. Et puis, au point de vue maintenance, c'est vraiment différent : dans un portique, c'est le matériel de lavage lui-même qui est toujours en mouvement, alors que dans un tunnel, c'est la voiture qui bouge, la machine reste fixe... cela diminue notablement les problèmes, les pannes éventuelles. Certes, un tunnel nécessite du personnel... mais chez moi, il y en a tout le temps ou presque, alors ça n'est pas une condition qui m'entraverait, au contraire, ça optimiserait encore plus la présence d'un salarié ! » Et Pierre d'ajouter encore qu'un tunnel ça se ferme la nuit, et donc les dégradations éventuelles sont automatiquement réduites. De l'innovation, toujours... mais sensée ! L'espace d'accès aux accessoires, comme les pistes, sont tapissés chez Jet fun, de bleu et de blanc : c'est un revêtement résine pour bitume, plus onéreux que d'autres, mais beaucoup plus intéressant pour la propreté du sol selon Pierre. « Parfois, dans un centre de lavage, les clients se permettent de déverser par terre des liquides agressifs comme de l'huile ou du gasoil, qui occasionnent un délitement, un creusement de la surface et, à la longue, de vraies dégradations sur le bitume... et ça n'est pas esthétique, ni agréable je trouve pour les clients. Alors, j'ai décidé d'investir et de couvrir les places de stationnement de cette protection colorée. » A ajouter qu'il y a trois ans, Pierre a aussi opté pour de l'éclairage à leds... Des modes de paiements simples et modernes, c'est déterminant pour Pierre. Pour démarrer le lavage, le client insère des pièces d'un ou deux euros : s'il n'en a pas dans son porte-monnaie, il peut faire du change auprès du personnel qui en dispose toujours et qui est très présent. Le centre n'est pas équipé de changeur de monnaie : Pierre ne veut pas d'argent liquide en stock chez lui pour éviter de tenter les voleurs. Le client peut aussi payer en jetons d'une valeur de deux euros et valables sur toutes les machines du centre, mis à part les distributeurs de boissons. Le client achète les jetons à la boutique au personnel, ou à la nouvelle borne implantée en 2017 : elle n'accepte que la CB (sans contact y compris) pour la même raison de sécurité avancée par Pierre. Au-dessus de la borne et dans la boutique, à côté de la caisse, sont inscrits les montants, dégressifs, pour les diverses quantités de jetons à acheter. Tout est très simple...et c'est ce qu'a voulu Pierre. Ici, aucun programme de fidélité ou autre : « les clients oubliaient leur carte avec les poinçons dessus, alors on leur donnait des tickets... qu'ils oubliaient aussi. Bref, c'était une usine à gaz, alors on a arrêté. Et on n'a pas remplacé par une carte magnétique, c'est vrai. Mais vous savez, pour nous les exploitants, les jetons, c'est intéressant, car ça se perd ! », conclut en souriant Pierre. . Marie MARTIN La température de l'eau est à 50°C maximum ce qui suffit amplement pour nettoyer son véhicule. Un lavabo est à la disposition des clients aux heures d'ouverture pour se laver les mains uniquement !