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GL&SSA N°93-184 - Mai/Juin 2020 GL&SSA N°93-184 - Mai/Juin 2020 enquête enquête Centres de lavage et déconfinement Centres de lavage et déconfinement Un encadrement inévitable... Les quelques centres de lavage qui ont pu ouvrir pendant le confinement avaient comme seuls clients des ambulances, taxis et autres véhicules de service. Après sept semaines, les particuliers, eux, risquent bien de se précipiter dans les centres, qui devront mettre en place un certain nombre de mesures... Les gérants de centres de lavage ont été parmi les malchanceux pendant la durée du confinement. Il y avait bien une liste établie de métiers liés à l'automobile qui autorisait la poursuite de l'activité dès le début du confinement, le 17 mars, mais le lavage était « entre deux », entre autorisation et interdiction... Il y a eu, il faut le dire, un manque total de clarification du gouvernement avec ses indications concernant les codes APE 4520 A et 4520 B (réparation automobile). L'ouverture des sites de lavage était donc, en principe, autorisée. Prenons le cas, par exemple, d'une station-service avec un atelier et un centre de lavage. On pouvait effectivement faire entretenir son véhicule, faire le plein et dans certaines régions, laver son auto. Mais plus souvent, le lavage était fermé (pas la station), généralement par manque de personnel. Parfois, le préfet n'autorisait pas l'ouverture. Et ce pour de multiples raisons. Ce fut le cas le 30 mars dernier en Charente, où la préfecture avait interdit l'ouverture des stations de lavage, considérant que leur activité commerciale contrevenait au décret du gouvernement sur les mesures sanitaires. « Seuls les entretiens et réparations sont permis » pouvait-on lire. La préfecture est finalement revenue sur sa position, estimant que les stations de lavage « participent à cet entretien » des voitures et camions. En revanche, elle a mis en garde les entreprises?: « Il faudra s'assurer que les gestes barrières seront bien respectés par les usagers ». Des gestes barrières pour les centres de lavage, qui au moment où nous terminons ce numéro, n'étaient pas encore précisés, mais on se doute bien que les préfectures n'autoriseront pas un grand rassemblement de véhicules sur un même lieu et plusieurs personnes participant ou assistant au lavage du véhicule (en famille !). Après sept semaines sans avoir lavé son véhicule certaines voitures sont vraiment très sales, ce qui nécessitera un lavage intense. Le client aura tendance à rester sur le site plus longtemps, ce qui pourrait provoquer des bouchons en particulier le week-end. Faudra-t-il limiter cette durée pour répondre à la demande puisque des files d'attente qui risquent de se former à l'entrée du centre ? A méditer. Mesures de SuperJetCar à Brétigny (91) Bien avant le déconfinement, le grand centre de lavage SuperJetCar à Brétigny-sur-Orge avait pris un certain nombre de mesures. Le gérant, Cyrille Baliki, précise : « J'ai mis en place durant le confinement, dès le 23 mars, un service de décontamination intérieure Covid-19 pour les véhicules professionnels de type taxi, VTC, ambulances, véhicules commerciaux. La décontamination est réalisée par destruction « atomique » à l'ozone. Ce process, utilisé chez SuperJetCar depuis deux ans pour les désinfections, nécessite un appareil spécifique avec un programme particulier dans le cadre de la destruction des coronavirus ». En effet, toutes les études réalisées sur l'ozone mettent en évidence la destruction intégrale de toutes bactéries et virus suivant un process spécifique. « En particulier, poursuit le gérant, nous utilisons des concentrations fortes en ozone dans de très faibles volumes clos. Des temps de ventilation importants font également partie de l'opération globale. Certains volumes « morts » des véhicules sont traités séparément. Chaque véhicule qui nous est présenté nécessite pour nous de recourir à un niveau de protection maximal en termes d'équipements. Nous ressemblons d'ailleurs plus à certains moments à des cosmonautes, mais c'est à ce prix que nous nous protégeons ! » La dimension du site doit être prise en compte. Le centre de lavage SuperJetCar, situé dans la zone commerciale au sud de Brétigny, dispose de nombreuses pistes HP, des portiques, sans compter des espaces réservés à l'aspiration. Comment faire respecter la « distanciation sociale » ? « Concernant le respect des gestes barrières sur le site, la taille importante du site et sa conception permet aisément de gérer ces mesures. Un site de petite taille ne nous permettrait pas d'assurer une distanciation suffisante entre nos clients, poursuit Cyrille Baliki. Nous avons défini à l'aide de différents plots condamnant l'accès de certaines zones aspirateurs, pour assurer des distances de sécurité plus importantes. » Côté nettoyage du site et de tous ses équipements, le personnel effectue la désinfection des écrans tactiles, des bornes de paiement, des suceurs d'aspirateurs, des lances haute pression, des claviers des lecteurs Carte bleue, 4 fois par jour ! « Pour bien désinfecter, nous utilisons pour cela un produit désinfectant répondant aux normes EN1276 et EN13697 pour les bactéricides, les normes EN1650 et EN13697 pour les lévuricides actifs sur les virus enveloppés de type H1N1, HIV et Coronavirus ». Et ce n'est pas tout : « Avec notre équipe, présente du lundi au dimanche, nous favorisons les paiements sans contact et proposons du gel hydro-alcoolique aux clients qui le souhaitent. J'ajoute que l'ensemble des jetons dans les distributeurs sont intégralement traités au désinfectant avant la mise en place dans les machines les distribuant. Nous essayons de mettre à disposition de nos clients le site dans les meilleures conditions sanitaires qui soient. » Traces ou pas du Coronavirus sur et dans son auto ? Voyons les raisons pour lesquelles il est vital pour vos clients de faire laver leur véhicule... Par exemple, ils ne savent pas qu'il y a des traces du Coronavirus sur leur auto ou Vul que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Des études ont mis en lumière le fait que des traces du virus peuvent persister plusieurs jours, et qu'il s'accroche aux métaux et aux plastiques notamment, les tissus également. Les études menées pour étudier la résistance du virus sur des objets démontrent que le Coronavirus peut s'accrocher plusieurs heures ou jours sur les surfaces et notamment à l'intérieur des voitures, comme le plastique, l'acier et le verre. Astrid Vabret, chef du service de virologie du CHU de Caen et spécialiste des Coronavirus, interviewée par le site lemonde.fr le 26 mars, préfère parler de « maintien de l'infectiosité ». Il s'agit de déterminer combien de temps il reste infectieux estime la responsable. La stabilité du virus SARS-CoV-2 (responsable de la maladie Covid-19) dépend en fait du type de surface considéré. Ainsi, une étude scientifique a pu démontrer que le virus peut persister sur certaines surfaces entre 2 heures et 6 jours (moins longtemps si la température ambiante approche des 30 °C). On a pu déterminer cette « durée de vie » en le pulvérisant sur de l'acier, du verre ou encore de la céramique... Si l'on résume, voici la durée selon la matière (nous avons pris en compte ce que l'on trouve généralement sur une auto) : - Plastiques : 2 à 6 jours ; - Vitres : 5 jours ; - Acier (inoxydable) : 3 à 5 jours ; - Tissus : 12 heures ; - Aluminium : 2 à 8 heures. Mais rassurez tout de même vos clients : dans leurs études, les chercheurs précisent bien que la transmissibilité du virus aux personnes qui rentreraient en contact avec des surfaces infectées n'est pas démontrée, faute de données... Reste que décontaminer son véhicule le rendra plus sain et protégera ses occupants. Décontamination : le plein d'idées La Toile a montré chez les uns et les autres (fabricants, garagistes...) de nombreuses innovations pour assurer une bonne décontamination. Exemple avec Istobal, qui a réalisé des arches à déclenchement automatique destinées à la désinfection des véhicules de service (ambulance, pompier, police), et des équipements du personnel du secteur de la santé dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Coronavirus. Grâce à un système de détection par cellules photoélectriques des buses s'activent dès qu'un véhicule ou une personne passent sous elles (Istobal a développé une arche spécifique pour chacun, véhicules et personnes). On peut ainsi « traiter » 1 000 véhicules ou 4 000 personnes par jour. Autre idée suggérée par les gérants de stations de lavage, les réglages pour accentuer la chimie et garantir ainsi un nettoyage 100 % anti-Covid 19. « Si le gérant ne souhaite pas faire cette manipulation qui peut être temporaire, nous précise un spécialiste du lavage, qu'il fasse appel au manufacturier. Certains gérants ne savent pas faire ces réglages. » Un nettoyeur vapeur peut aussi faire le job. Adeline, une infirmière libérale, a vu sur Facebook l'offre de Christian Gatti près de Toulouse (31), garagiste, qui propose de décontaminer les véhicules, rapporte leparisien.fr : après avoir vu un reportage indiquant que le virus ne résistait pas à une exposition à 60° pendant un certain temps, il a eu l'idée d'utiliser un nettoyeur vapeur dont il se sert pour les véhicules d'occasion. Mais il est allé plus loin : il immobilise la voiture de ses clients toutes portes ouvertes dans sa cabine de peinture qui peut monter à 80°. Ensuite, il passe le nettoyeur vapeur. Enfin, les tests réalisés par la RATP pour décontaminer ses autobus chaque nuit après le service (au total, 4 700 véhicules) semblent avoir porté fruit. La régie a en effet opté pour la « nébulisation », qui permet de déposer des particules ultra-fines de virucide sur les surfaces du véhicule. Cette « nébulisation » permet d'assainir un bus en moins de 3 minutes, alors que la méthode traditionnelle, qui consiste à vaporiser un produit virucide sur un chiffon à appliquer sur les surfaces prend beaucoup plus de temps. Cela s'apparente à un brouillard répandu dans l'habitacle, une technique déjà utilisée en Italie pour décontaminer les bateaux-bus de Venise. FRANÇOIS GILBERT Durant toute la durée du confinement, le site SuperJetCar a affiché ce message informant ses clients professionnels sur les règles à suivre en vue de la désinfection des véhicules. La décontamination nécessite des précautions : le port de vêtements et d'équipements appropriés sont une absolue nécessité ! Photos ci-dessus, Cyrille Baliki, gérant du centre de lavage SuperJetCar a placé des plots condamnant l'accès à 1 poste d'aspiration sur 2, afin de réduire au maximum le contact entre ses clients. Résultat : cette mesure a été respectée (photo en haut à droite). Des produits sont disponibles à la boutique pour nettoyer et désinfecter. Le King Flash germ' est un virucide-levirucide- bactéricide efficace sur tous types de matériaux. Plusieurs techniques sont utilisées pour venir à bout du Covid-19, dont la vaporisation. Derrière ce cordon, le process de « traitement atomique à l'ozone » de SuperJetCar est en cours. Une simple touche sur une télécommande et l?appareil se met en marche. L'après confinement verra débarquer dans les centres de lavage nombre de véhicules très sales. Le passage au portique comme le recours à la haute pression prendront certainement plus de temps... Les jantes alu sont également attaquées et cela nécessitera aussi plusieurs passages. Cette arche, mise au point par Istobal, a pour but de désinfecter et de nettoyer rapidement les véhicules de service. Pour assurer une désinfection efficace de ses 4 700 autobus, la RATP procède par « nébulisation » qui consiste à projeter des particules ultra-fines de virucide sur les surfaces. Crédits photos : Cyrille Baliki, constructeurs, RATP et X D.R.