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GL & SSA N°76-167 - Juillet/Août 2017 GL & SSA N°76-167 - Juillet/Août 2017 Reportage CENTRE DE LAVAGE HELIO WASH - ALÈS 24 25 Ne pas laver... que des voitures ! C'est à Alès, dans le Gard, que François Soulié a ouvert, à 36 ans, son tout premier centre. En 2014 naissait donc « Helio Wash ». Il l'a voulu au service de tous ceux qui veulent laver auto, moto, vélo, chien et linge ! Guide Lavage - Pourquoi avez-vous décidé d'ouvrir un centre de lavage auto ? François Soulié - En fait, un de mes amis était déjà dans le lavage? aujourd'hui, il a même trois centres ! Bref, il m'encourageait depuis longtemps à en ouvrir un. Il me disait que ce métier valait le coup, et qu'on pouvait l'exercer sans devoir salarier personne. Et pour moi, c'était convainquant : dans le secteur du transport, celui de ma famille, je pense que l'on a beaucoup pâti de l'action des syndicats. Bref, je me suis penché sur le sujet et je me suis décidé, il faut dire que j'avais déjà le terrain (cf. encadré). Bien sûr, j'ai fait quelques travaux, notamment ceux induits par les nouvelles normes écologiques : par rapport aux centres plus anciens, c'est finalement une chance que d'avoir pris ça en compte dès la conception. Guide Lavage - Justement, comment se sont déroulés ces travaux ? Des difficultés à pointer ? François Soulié - Comme j'étais promoteur immobilier, pour tout ce qui concernait les travaux hors lavage pur, j'ai très bien su comment faire ! On a tout de même mis, c' est vrai, des mois à pouvoir remettre en fonctionnement le compteur? mais j'ai pris ça avec du recul ! Côté machines, mon ami m'a bien aidé. J'ai demandé un devis à trois constructeurs. Et finalement, j'ai choisi Lavance pour les portiques et les pistes haute pression. J'ai estimé, qu'à qualité égale, c'était cette marque qui proposait le plus efficace service après-vente. Pour moi, ce point-là était primordial : je ne suis ni du métier, ni plombier, et je voulais éviter au maximum d'être coincé par une quelconque panne ! Guide Lavage - Tout était donc bien parti? François Soulié - Certes, sauf qu'en réalité, d'un point de vue commercial, c'était une hérésie de créer un nouveau centre de lavage ici : il y en a déjà trop à Alès? six sans compter ceux des hypermarchés ! Mais, je l'ai tout de même ouvert parce que j'étais persuadé que si j'en faisais un différent, ce serait payant. Par exemple, mettre à disposition deux portiques, alors qu'aucun des centres non liés à un hypermarché n'en avait. Idem pour le lave-tapis et les aspirateurs puissants que j'ai installés. Ce qui me valorise aussi, je pense, c'est la quantité de produit que je mets pour le lavage? pour le même prix va sans dire ! Et puis, il y a aussi ma présence sur le centre à laquelle je tiens : pour déboucher les aspirateurs si besoin, donner à une cliente un conseil, veiller à ce que les fenêtres soient bien fermées avant le lavage, empêcher une voiture de rester bloquée au milieu du cycle? Bref, il faut être là pour répondre à toutes les questions que le client peut se poser, parce qu'un client qui n'obtient pas d'explication, est un client mécontent. Bien entendu, je suis sur mon centre aussi pour assurer une propreté irréprochable, ça c'est une évidence pour moi ! Guide Lavage - Aujourd'hui, vous offrez des services assez diversifiés à vos clients, n'est-ce pas ? François Soulié ? J'ai voulu pouvoir leur proposer tous les services possibles : aujourd'hui, ils ont donc à leur disposition deux portiques et trois pistes haute-pression, un gonfleur, un lave-tapis, un distributeur de boissons, et quatre aspirateurs dont deux couverts car, dans le sud, nous avons parfois de la pluie ! Nous proposons aussi, pour payer, trois bornes : une pour chaque portique et un distributeur de jetons qui accepte les cartes bancaires, la monnaie et la carte d'abonnement. Nous avons aussi tenu à sécuriser le centre en fixant des caméras partout. Pour les femmes, c'est très rassurant. Que ce soit bien éclairé la nuit aussi d'ailleurs. Je vois parfois des copines qui viennent ensemble, le soir, laver leurs voitures ! Guide Lavage - Vous ciblez aussi les cyclistes et les motards. Avec quelle offre ? François Soulié - Moi-même, je suis motard, alors il était évident de mettre en place une solution pour laver les deux roues ! Il s'agit avant tout de rendre plus pratique ce nettoyage. Par exemple, sur les pistes haute-pression, nous avons intégré à la grille pleine de trous, un pause-béquille plein pour que la moto puisse être stable. Il y a aussi la soufflette pour chasser les poussières ou micro-déchets. Et nous avons également fixé un porte casque. J'ai entendu parler de cabine de nettoyage pour les motos, mais en tant que motard, je n'opterais pas pour ce lavage donc, comme exploitant, je n'en installerai pas sur mon centre. Ce service aux motards, il sert aussi à booster l'image du centre et à fidéliser ma clientèle. Guide Lavage - Au niveau communication, êtes-vous très actif ? François Soulié - Absolument pas et c'est volontaire ! Quand on a ouvert, on a fait des jaloux, on est même allé jusqu'au tribunal parce qu'un de nos concurrents n'a pas apprécié que nous ouvrions et a tenté de nous en empêcher. Du coup, nous n'avons fait parler de nous ni sur papier, ni en ligne ! On n'a pas voulu faire de vagues. La discrétion a ses bons côtés ! Mais de toute façon, notre emplacement communique par lui-même, car nous sommes implantés sur le rond-point le plus passant d'Alès, alors notre panneau à l'entrée et nos deux banderoles sont très visibles ! Le bouche-à-oreille a bien fonctionné. Notamment vis-à-vis des professionnels : notre carte d'abonnement pro, très pratique, a fait le buzz ! Le fait que la barre du haut des portiques puisse être relevée sur commande, permet de passer sans entrave avec un lumineux sur le toit. Guide Lavage - En 2016, vous avez pensé à installer une laverie ? Pourquoi ? François Soulié - En fait, il me restait 80 m2 non utilisés. Pour mon bureau, c'était trop grand. J'ai donc cherché à installer quelque chose pour rentabiliser l'espace disponible. Je voulais que ce soit une activité qui complète mon offre de lavage, qui soit en lien avec le nettoyage. La laverie s'est imposée bien sûr, avec des machines à grande capacité pour répondre aux besoins de la clientèle actuelle. J'avais aussi remarqué le dogwash, et comme j'aime bien les nouveautés... Bref, en mars 2017, ces deux équipements étaient prêts à être utilisés par mes clients ! Guide Lavage - Justement, le dogwash, qu'est-ce qui vous a décidé à en acheter un ? François Soulié - J'avais entendu parlé de cet équipement comme étant né en Australie, et s'y étant bien développé. Et une amie venue du Canada m'avait dit que ça commençait à bien marcher là-bas aussi. Alors, j'en ai parlé à mon « conseiller », et on s'est dit « pourquoi pas ? ». Même si moi, je l'avoue, j'étais sceptique au début. Ici, les gens ont des maisons avec des jardins, alors je pensais que les propriétaires de chiens lavaient leur animal à l'extérieur chez eux. Mais en fait, ça n'est pas si simple : il faut du beau temps, de l'eau, un chien docile, de la patience? Bref, la plupart du temps, ils le lavent dans leur salle de bain. Mais ça non plus, ça n'est pas très pratique : ça salit, les poils se déposent partout? Voilà pourquoi, finalement, le dogwash intéresse bien mes clients ! Et tous : les grands-mères avec leurs chiwawas, comme les paysans et les chasseurs avec leurs chiens plus imposants. Guide Lavage - Que prévoyez-vous comme améliorations ou travaux dans votre centre à l'avenir ? François Soulié ? D'abord, je voudrais déplacer un aspirateur pour faciliter l'accès à la laverie et au dogwash. Et j'ai en tête de couvrir ce dernier avec un abri en dur. Ensuite, proposer à mes clients un lave-siège, même si je trouve que les machines proposées sur le marché ne sont pas encore satisfaisantes concernant l'humidité résiduelle sur les assises. Mais c'est un équipement très demandé alors je vais le mettre en place ! Comme c'est un appareil multifonction que je vais acheter, il sera aussi doté d'un parfumeur. Je mettrai aussi sans doute un Panomat, un distributeur de lingettes nettoyantes pour l'intérieur des voitures. C'est d'ailleurs à l'habitacle que je voudrais m'attaquer. Mais pour développer le nettoyage de l'intérieur, il n'y a que deux solutions : sous-traiter ou salarier? Et je n'ai pas encore tranché entre le salariat et sa lourdeur, et la sous-traitance qui implique que le client ne vous appartient plus complètement ! Marie MARTIN Un distributeur de boissons permet une attente plus agréable... Deux portiques et trois pistes haute-pression sont à la disposition des clients ainsi qu'une offre de services complémentaires abondante ! Photos Filhoulaud Paroles de pro Même s'il n'est pas familier du lavage auto depuis très longtemps, François Soulié a déjà quelques idées sur ce secteur... «Si on veut se lancer dans le lavage auto, je pense qu'il ne faut surtout pas associer un centre de lavage à un bandit manchot? Ça ne « crache » pas de l'argent tout seul ! C'est un vrai métier d'être gérant d'un centre, et ça s'apprend. Moi, si je n'avais pas eu mon ami pour me conseiller, j'aurais pu facilement faire pas mal d'erreurs et être confronté à des problèmes importants. Tous les gens qui pensent que reprendre un centre, c'est facile? se trompent, je pense ! Je me suis rendu compte aussi que nous, les pros du lavage, devions éduquer les clients, pour qu'ils soient satisfaits et donc reviennent laver. Des choses simples à leur apprendre, mais déterminantes : par exemple, les inciter à contrôler la fermeture de toutes leurs fenêtres avant de procéder au lavage ; mais aussi leur expliquer quelle borne de paiement correspond à quelle machine ; ou encore leur préciser qu'il faut laisser le produit jantes agir deux minutes avant de rincer... » L'offre des services annexes est très complète : lave-tapis, gonlfeur, aspirateurs... « Avec mes casquettes de promoteur immobilier et d'exploitant de centre de lavage, vous vous doutez bien que je suis à la recherche de nouveaux terrains ! Pas sur Alès, il y a déjà trop de concurrence... » Il restait 80 m² non utilisés... François Soulié a donc décidé d'installer une laverie pour compléter son offre de lavage. Photos Filhoulaud François, un exploitant volontaire Si aujourd'hui François Soulié est gérant d'un centre de lavage, il a eu une première vie dans le transport routier, et une autre expérience professionnelle, dans l'immobilier. Depuis quatre générations, on est transporteur routier dans la famille de François. Ce qui explique que lui-même ait fait ses études pour le devenir, et ait ainsi tous ses permis en poche. En 1998, il crée, tout jeune encore, sa propre entreprise, dans le transport bien sûr, et le stockage aussi. En 2001, son père qui veut passer la main, lui propose de reprendre la société familiale avec ses 54 chauffeurs et ses 9 administratifs. Mais François refuse : en 2000, le secteur a connu une ouverture européenne entraînant une évolution des réglementations, notamment en ce qui concerne le personnel local ou non... et, François le pense vraiment, ça n'est pas pour faciliter la vie des transporteurs. Bref, devant les difficultés qu'il voit venir, il préfère conserver son entreprise. Et se pencher sur l'immobilier : la société familiale possède du foncier. Il finit d'ailleurs par arrêter son activité dans le transport. Un très grave accident, en 2007, l'immobilise quelques temps. Lorsqu'il se remet au travail, c'est pour se lancer dans cette activité de promoteur. Il fait une affaire d'envergure, en 2008, en fournissant à Décathlon un magasin clé en main. Puis, en 2012, c'est un autre terrain qu'il prend en charge... et dont il dédiera une partie à son centre ! Des chiwawas aux grands chiens de chasse, tous sont les bienvenus. Photos Filhoulaud