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GL&SSA N°103 - Janvier/Février 2022 entreprise Cocoonauto à Saint-Alban (31) Cocoonauto rime avec écologie et solidarité Si Claude Paris a choisi le secteur du lavage auto pour continuer d'entreprendre, c'était avant tout pour concrétiser ses rêves dans les domaines social et écologique. Il est en passe de les voir se réaliser... Une démarche à suivre ? Une démarche qu'il est en tous les cas prêt à partager ! GL&SSA - Claude Paris, vous êtes gérant de Cocoonauto, un centre de lavage auto un peu particulier, implanté à Saint-Alban, au Nord de Toulouse. Qu'est-ce qui vous a amené à l'ouvrir il y a quelques mois ? Claude Paris - J'ai toujours fait des métiers que je ne connaissais pas à l'origine : j'ai travaillé dans l'informatique, la bijouterie, le commerce... J'étais responsable d'une agence commerciale informatique quand j'ai basculé, en 2010, dans la préparation esthétique auto pour les concessionnaires. En fait, à 45 ans, quand j'ai vécu ma crise de milieu de vie, qui s'est d'ailleurs plutôt bien passée, deux mots me sont apparus déterminants : "social" et "écologie". J'étais en recherche de sens dans mon travail. Pour m'assurer que ces deux orientations me correspondaient bien, je me suis testé pendant quatre ou cinq ans : pour voir si c'était vraiment ancré en moi, pour envisager une certaine viabilité professionnelle dans ces domaines... J'ai participé aux Restos du cœur notamment. Et je suis même allé chez les chiffonniers du Caire, en Egypte : j'ai voulu vraiment me confronter, sur le terrain, à ce sur quoi je voulais travailler. Quand je suis revenu, j'étais déterminé. Je connaissais un peu le commerce, la gestion... Que pouvais-je faire avec ? Poursuivre dans l'humanitaire au service d'une ONG, ou me lancer ici, de mon côté ? GL&SSA - Comment avez-vous choisi votre voie ? CP - C'est quand je suis allé dans un salon de la franchise que j'ai tranché. J'y cherchais une marque qui porte et le social et l'écologique. Nombreuses étaient celles qui promouvaient l'un ou l'autre, mais rares étaient celles qui associaient l'un et l'autre... Bref, j'en ai trouvé une qui semblait correspondre à mes attentes : Sinéo. Cette entreprise d'insertion proposant un lavage sans eau avec produits écolos m'a séduit. Le lendemain je suis parti au siège à Lille. Et dans la foulée, j'ai racheté la succursale toulousaine. Elle employait six personnes et était en grande difficulté financière. C'est ainsi que je me suis lancé comme entrepreneur dans l'esthétique auto et l'insertion professionnelle, deux domaines qui m'étaient jusqu'alors inconnus ! GL&SSA - Comment s'est passée cette première expérience dans le secteur ? CP - J'ai gardé cette entreprise dix ans en la développant autant que je pouvais. L'entreprise avait surtout pour clients des concessionnaires. Nous avons atteint les 80 salariés. Je viens de la leur revendre sous forme de Scop. En fait, à l'approche de la retraite, j'ai voulu aller plus loin encore dans ce qui est un rêve pour moi : associer respect des hommes et préservation de leur environnement. En capitalisant sur ce que je savais faire et ce que j'avais appris avec Sinéo, j'ai voulu ouvrir un centre de lavage auto totalement écolo et social. Sinéo avait été une belle étape, mais, je dois vous le dire, je n'étais pas pleinement satisfait : nos clients, qui étaient surtout des concessionnaires, n'avaient pas dans leur culture, dans leur état d'esprit professionnel, les problématiques de l'insertion et de l'écologie. C'était assez frustrant : j'avais l'impression de ne pas avoir vraiment abouti dans ma démarche sur ces deux préoccupations. Et puis, je désirais aussi participer à la sensibilisation du grand public... GL&SSA - Vous avez 59 ans. Pour votre génération, un investissement comme le vôtre dans ces deux sujets paraît assez rare. A quoi l'attribuez-vous ? CP - En partie à mon éducation qui a toujours valorisé la culture de l'autre. Le social et l'humanitaire, ça vient de mes parents, je pense. Pour le côté écolo, c'est, tout simplement je crois, ce constat de voir que nous consommons plus que ce que la nature produit... Et moi, j'ai voulu montrer que l'on peut monter un business rentable tout en faisant rimer "économie", "social", "environnement". GL&SSA - De quelle manière travaillez-vous pour réaliser ce rêve ? CP - Je rêve et les idées me viennent ! Dans le cas de ce projet-là, ce sont les notions de "permaculture", de "verger maraude" (autour du bâtiment), "d'éclairage solaire", de "phytoépuration", de "prairie fleurie", de "bâtiment biosourcé", de "vélo électrique", de "terrasse sous les arbres", de "tiers lieux" pour communiquer vers le grand public et les salariés. Ensuite, je m'astreins à trouver les moyens pour réaliser tout ça. D'abord les finances. Pour Cocoonauto, je me suis adossé à la holding que j'avais créée avec ma société d'informatique et Sinéo. J'ai ainsi constitué un apport financier qui m'a permis d'aller voir les banques. J'ai aussi été aidé par la région. Une entreprise innovante, sociale et écologique, il n y'en a pas encore tant que ça et c'est un profil que la collectivité veut promouvoir. GL&SSA - Et, une fois que vous avez résolu l'épineux problème des fonds... CP - Je passe aux savoir-faire et aux outils nécessaires à la réalisation du projet. Je tente de recruter des personnes qui partagent mes valeurs et qui ont envie de réaliser ce rêve avec moi. J'explique toutes les notions qui le constituent. Pour l'équipe dirigeante de Cocoonauto, j'ai puisé dans le personnel de Sinéo, parmi les encadrants qui avaient déjà une vraie sensibilité au social et à l'écologie. Ils sont deux à gérer l'entreprise ; je n'avais pas le temps de me charger de tout. Pour les opérateurs, je voulais en embaucher qui soient en situation de handicap : en amont de l'ouverture de Cocoonauto, j'en ai recruté chez Sinéo (plutôt axé sur les personnes en réinsertion à l'origine). Je me suis ainsi formé à leur accueil en entreprise. Ensuite seulement, ils ont été employés par Cocoonauto. GL&SSA - Concrètement, comment s'est passée la création de votre centre ? CP - S'est posée la question de l'emplacement bien sûr. Comme je voulais développer, au contraire de Sinéo, une clientèle essentiellement particulière, j'en ai cherché un qui soit proche d'un axe routier et d'une zone commerciale fréquentés. C'est par l'intermédiaire de mon banquier que je l'ai trouvé. Cela s'est fait très vite. Ensuite, je l'ai imaginé avec un de mes fils, Alain Paris, qui est architecte. Nous voulions qu'il ait une signature visuelle à lui. Que le bâtiment ait tout simplement une belle forme. Je suis aussi convaincu qu'offrir du "beau" aux gens, leur donne plus envie que quand c'est anodin, industriel, standardisé. GL&SSA - Et les travaux ? CP - C'est un de mes directeurs qui a assuré le suivi du chantier qui a duré près de un an et demi : le dépôt du permis de construire contenait la transformation complète du terrain et du hangar qui préexistait. Les travaux ont été un enfer, je vous l'avoue. Pas tant les travaux en eux-mêmes, mais tout ce qui a concerné les contrôles et normes à respecter, ceux liés à la sécurité d'un "bâtiment recevant du public" : tout est compliqué et passé au peigne fin, jamais je n'avais été confronté à ça. Ça m'a coûté 40 % de dépassement de budget, sur mes fonds propres. GL&SSA  De quel équipement avez-vous doté votre centre ? CP - Au-dessous des bureaux, j'ai choisi d'implanter un tunnel parce qu'au point de vue qualité de lavage, pour moi, c'est le mieux. Et puis, à l'heure actuelle, une société sociale et écolo, ça peut passer, aux yeux de certains, pour une entreprise de rigolos. Je ne voulais et ne pouvais pas me permettre ça. J'ai consulté Istobal, Christ et WashTec, et j'ai opté pour ce dernier. J'avais apprécié l'accompagnement, le conseil proposés. Pour les produits lavants, nous utilisons les mêmes que chez Sinéo, certifiés Ecocert bien sûr, produits par une usine vosgienne. Aujourd'hui ces produits biosourcés sont hypers puissants, parfois plus que des produits chimiques de base. Et bien sûr ils sont biodégradables dans notre système de phytoépuration. GL&SSA - Que peut trouver un client dans votre centre ? CP - Adossés au tunnel, en extérieur mais abrité, nous avons créé cinq places de stationnement pour le lavage intérieur. Il est assuré par les opérateurs de Cocoonauto. Je les ai voulues assez larges pour que toutes les portes puissent être ouvertes simultanément. On y trouve une aspiration centralisée, un compresseur d'air, des kits pour les préparateurs contenant tous les produits nécessaires au nettoyage, des lave-tapis, gonfleur d'air, tornador, ioniseur pour la désodorisation/désinfection et d'autres machines encore sont à leur disposition. J'ai tenu à installer un système d'éclairage solaire pour le parking et les espaces verts. Pour le smart repair, les petits travaux peuvent être menés sur ces places, mais il y a aussi un atelier dédié dans le bâtiment : retouches peinture, traitement des trous de cigarettes sur les tissus, des rayures plastiques, des impacts sur les parebrises, réalisation de covering, réparation des phares... Bref, tout ce qu'on a appris à faire en esthétique auto chez les clients concessionnaires de Sinéo. Nous avons aussi ouvert un autre emplacement, un peu plus loin pour ne pas trop empiéter sur l'espace donné à nos salariés, pour les clients qui voudraient eux-mêmes nettoyer leur intérieur. C'est une place non abritée, en self-service, équipée de prises électriques, d'un aspirateur, d'une soufflette, d'un compresseur d'air, qui sont mobiles. Mais force est de constater que les clients qui viennent chez nous, ne le font pas pour laver eux-mêmes. GL&SSA - Vous avez aussi créé d'autres espaces originaux... CP - J'ai bien sûr tenu à aménager un accueil et une petite salle d'attente situés au rez-de-chaussée. Mais j'ai aussi voulu offrir une sorte de tiers-lieu à mes clients et partenaires. A l'étage il y a une salle de réunion ouverte et conviviale, une kitchenette, un petit salon. Le tout meublé de façon responsable, avec des palettes notamment. Je mets gratuitement, à disposition des acteurs de l'ESS (Economie sociale et solidaire), cet espace : ils invitent leurs clients tout comme moi pour leur parler des valeurs que nous défendons, des modèles que nous mettons en place. Cela permet de diffuser nos idées. Comme contrepartie, je leur demande une seule chose : que deux des employés de Cocoonauto soient présents et présentés aux invités. Les personnes en situation de handicap, dans une entreprise traditionnelle, ne trouvent pas toujours d'emplois intéressants. Dans une structure s'inspirant ou relevant de l'ESS, c'est plus certain. GL&SSA - En extérieur aussi, vous avez créé des espaces qui montrent votre engagement. Quels sont-ils ? CP - Oui, je les ai pensés avec mon fils paysagiste, Pierre Paris. Ainsi, juste à l'entrée du centre, en guise de bouquet de bienvenue, nous avons planté un jardinet exploité en permaculture. Y est aussi installé un panonceau expliquant ce qu'est précisément cette démarche écologique dans le domaine agricole. J'ai aussi créé un petit verger de l'autre côté du bâtiment : des tables en bois sont aussi installées là-bas, pour offrir aux salariés et aux clients un moment de détente en plein air. Il y a aussi un espace végétalisé, une sorte de petite prairie fleurie. Et à proximité de la sortie, un petit garage à vélo est implanté : nous mettons à disposition des clients deux vélos électriques en prêt pour aller faire ses courses dans le centre commercial voisin pendant le lavage. Une borne de recharge pour auto électrique est aussi installée. En fait, j'essaie, avec ces espaces végétalisés et de services durables, de montrer qu'il y a d'autres rapports possibles entre humains et nature, qu'il y a des modèles alternatifs de développement. Je tente d'interpeller mes clients, de les informer en montrant concrètement des pistes. GL&SSA - Comment procédez-vous pour le traitement écologique des eaux de lavage ? CP - Quand j'ai compris que nos eaux allaient être directement déversées dans la Garonne parce que la station d'épuration locale n'avait pas la capacité volumétrique de traiter toutes les eaux j'ai pris les choses en main. Nous avons créé un système novateur, une première même en France, je crois. Il s'agit d'un procédé de phytoépuration en circuit fermé. D'ordinaire, l'eau traitée rejoint le circuit de la communauté. Chez nous, il s'agit d'une réutilisation totale de l'eau utilisée. Les professionnels français du traitement des eaux ne voulaient pas au départ tenter l'expérience : les contraintes quant à la qualité de l'eau à la sortie, leur faisait douter de la réussite des opérations. En cherchant sur internet une solution, j'ai trouvé une équipe universitaire espagnole qui avait étudié ce principe pour un centre de lavage pour camions. Avec pour base cette publication, j'ai travaillé avec l'entreprise Phytoserpe, implantée à Montpellier qui a décidé de relever le défi. GL&SSA - Comment se présente ce système novateur ? CP - Au fond du centre, nous avons créé un bassin de 200 m2 et de 2 m de profondeur, équipé de drains, et divisé en trois parties. Les eaux usées de lavage y sont envoyées grâce à une pompe. Elles sont filtrées par les différentes strates de gravier, de sable... et par les roseaux qui ont été plantés là. Les bactéries font aussi leur travail. L'eau propre est ensuite stockée dans une cuve de 15 000 litres, pour ensuite être réutilisée dans le système de lavage : nous sommes donc en circuit fermé. Et le volume d'eau perdu en cours de route, par évaporation par exemple, est compensé par les eaux de pluie récupérée depuis notre toiture. Nous sommes donc en autonomie hydrique. Avec Phytoserpe, nous avons poussé nos recherches si loin que l'eau sort potable de tout le processus : c'est là aussi une performance. Et ce bassin est aussi beau à regarder ! GL&SSA - Que dire de votre clientèle ? CP - Les dix salariés, dont huit en situation de handicap, de Cocoonauto, accueillent pour l'heure des particuliers. C'était dès le début une volonté de ma part de privilégier ce segment de clientèle : je voulais sensibiliser le grand public directement à l'écologie et au social. C'est pourquoi j'ai fait beaucoup de marketing depuis le début pour Cocoonauto : site internet, présence sur les réseaux sociaux, publicité au cinéma de proximité, couponning, annonce radio, relations presse locales, campagnes par sms, affichage... 25 % de mes dépenses se sont concentrés sur la promotion du centre vers un large public. Mais je me rends compte depuis quelques mois que mon centre attire surtout les gens qui veulent confier leur voiture à des opérateurs : ils n'ont pas en tête un lavage en self-service. Ce qui réduit le spectre de ma clientèle possible. En fait, mon tunnel n'est pas identifiable comme tel car il est intégré au bâtiment. Et même s'il l'était plus, ça ne changerait pas forcément la donne : les gens, quand ils pensent tunnel, envisage lavage intérieur à faire soi-même ensuite. Et là encore, mon centre n'apparaît pas comme une plateforme emplie d'aspirateurs à disposition. A l'heure actuelle, ce sont surtout mes opérateurs qui se servent du tunnel pour effectuer des lavages complets extérieur puis intérieur, sans intervention du client final. GL&SSA - Quels sont les tarifs affichés par Cocoonauto ? CP - Certaines entreprises proposent des tarifs progressifs selon les parties du véhicule traitées. Mais moi j'ai préféré proposé un service tarifé au temps passé pour un lavage global. Je pense que c'est logique pour tout le monde qu'un lavage réalisé en une demi-heure ne peut pas être aussi approfondi qu'un nettoyage qui dure deux heures. Pour le lavage extérieur et l'intérieur pris en charge par nos opérateurs, nous proposons quatre tarifs : 39 ? (35 avec la carte abonné) pour 30 minutes de nettoyage ; 59 ? (50 avec la carte abonné) pour 60 min ; 89 ? (78 avec la carte abonné) pour 90 min ; 195 ? (175 avec la carte abonné) pour 3 heures de lavage qui permettent une remise à neuf. Et pour l'extérieur, avec le tunnel, comprenant une intervention humaine juste au départ, deux tarifs sont proposés : 10 ? (8 avec la carte abonné) pour 10 min de lavage, et 16 ? (10 ? avec la carte abonné) pour 15 min. L'intérieur peut être fait, en libre-service, par le client. S'ajoute à ça, toutes les prestations de smart repair. GL&SSA - Comment s'est déroulé le lancement ? CP - Nous avons ouvert en janvier 2018. Si l'enthousiasme était bel et bien là, la chance n'a pas été avec nous. Notre zone commerciale a d'abord été occupée par les gens du voyage, ce qui n'a pas poussé les clients à venir jusqu'à nous et à se déplacer pour nous découvrir. Et quand ils sont partis, c'est la crise sanitaire de la Covid et ses confinements qui se sont imposés. La clientèle a enfin pu venir. Mais je me suis alors rendu compte qu'avoir pour clientèle des particuliers uniquement, était insuffisant : un bon client, s'il vient quatre fois dans l'année, c'est déjà bien et le maximum n'est pas loin. J'ai donc décidé de revenir à ce que je savais faire, à savoir vendre aux professionnels. Notamment commercialiser des abonnements mensuels de lavage auprès des entreprises qui gèrent des flottes auto mutualisées. Elles constituent de nouveaux et sérieux clients. Et comme elles sont en plus, sensibles à l'écologie et au social, elles nous accueillent avec grand intérêt. Avec notre statut "d'Entreprise Adaptée" (au moins 75 % du personnel en situation de handicap), nos clients bénéficient aussi d'une réduction de leur contribution handicap. Le traitement des véhicules d'entreprise nécessite cependant d'aller sur place. J'ai donc dû réinvestir dans des véhicules-ateliers pour assurer un lavage sans eau sur site, comme Sinéo. Désormais, il y a chez Cocoonauto, une équipe pour le centre ici et les particuliers, et une autre, mobile, qui se consacre aux entreprises, Sinéo gardant la priorité pour les concessionnaires. GL&SSA - Quel est votre objectif aujourd'hui ? CP - Si les paris écologique et social ont été relevés, il reste celui lié à l'économie à gagner. Ce n'est pas encore le cas, mais je pense arriver à l'équilibre d'ici deux ou trois ans. A ce moment-là, j'aurai prouvé que l'on peut faire du social, de l'écologique et de l'économiquement viable. Je me suis aussi lancé sur un autre projet. Avant de vendre Sinéo, j'ai fait construire une usine de reconditionnement de véhicules d'occasion : pour les concessionnaires, les clients donc de Sinéo, le traitement de ces engins qui intègre petits travaux mécaniques, de carrosserie, et lavage approfondi, est une gageure. Alors ils sous traitent ces tâches. Mais les délais restent longs pour une remise en état de vente : il se passe 40 jours entre la réception du véhicule et le moment où il est prêt à être vendu. Dans cette usine, nous avons donc monté une chaîne pour traiter ces véhicules de A à Z, de l'estimation de l'état de réception au lavage approfondi avec notre espace de préparation esthétique. Et avant de repartir de notre usine, la voiture passe par le studio photo avec plateau tournant pour que le concessionnaire n'ait plus qu'à la mettre en vente en ligne. Et on réalise tout ça en sept jours.Cocoonauto va utiliser, pour ses clients entreprises et particuliers, cette chaîne de traitement. Ainsi, capitalise-t-on sur l'expertise obtenue chez Sinéo . Et comme GRDF, qui est déjà un client Cocoonauto pour le nettoyage, va aussi l'être pour cette usine puisqu'ils veulent passé leur flotte au gaz... alors on a travaillé à s'agréer pour la motorisation au gaz. GL&SSA - Et avez-vous déjà d'autres clients entreprises pour Cocconauto ? CP - Groupama, très impliqué dans l'emploi des personnes en situation de handicap est très intéressé. Il y a aussi Citiz, le système d'autopartage toulousain, qui ne peut demander à ses mécanos de nettoyer les véhicules, et cherchait donc un prestataire dans ce secteur : nous nettoyons aujourd'hui six voitures par jour grâce à nos vélos cargos qui emportent nos kits de nettoyage car les voitures ateliers ne sont pas pratiques en centre-ville. L'intérêt de ces sociétés pour Cocoonauto version professionnels m'a montré que ce virage stratégique était la solution. Mon objectif, c'est donc de trouver dix entreprises supplémentaires d'ici un an. Et pour les démarcher, je viens d'embaucher une personne de plus pour développer l'activité de Cocoonauto vis-à-vis des pros. GL&SSA - Que retirez-vous de tout ce cheminement effectué dans le lavage auto ? CP - Je voulais travailler à rendre plus solidaire et écologique mon environnement. Je crois que j'y ai contribué. Et je vais continuer à y travailler pour que mes initiatives perdurent. J'aimerais aussi qu'elles puissent être dupliquées ailleurs. Ce n'est pas moi qui m'en chargerait : je ne vais pas développer de franchise par exemple. Mais je suis prêt à aider les entrepreneurs qui voudraient ouvrir un centre comme Cocoonauto, sans contrepartie aucune. Le travail que nous avons mené ici, il faut le partager pour que le but solidaire et écologique soit atteint in fine. KARINE FILHOULAUD Crédits photos : X D.R.