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GL&SSA N°96-187 - Novembre/Décembre 2020 portrait de centre A Paris, chez Kleen Me Quand un laveur auto se diversifie dans le deux-roues Moncef Dadci est gérant de Kleen Me, un centre de lavage auto et moto appartenant à la société de location de voiture de luxe Paris Auto Location. 30% du chiffre d'affaires global proviennent de l'activité de nettoyage et lavage. Celui des deux-roues parisiens l'intéresse, mais il reste lucide... De la location auto au lavage de deux-roues Avec son associé, c'est à Paris dans le 17e arrondissement, non loin du Palais des congrès de Paris, que Moncef s'est implanté. Ils stockent et lavent ici les bolides qu'ils louent et ceux également de propriétaires locaux de belles voitures qui constituent sa clientèle actuelle pour le lavage. Le référencement pour la notoriété Le handicap premier du centre, c'est son manque de visibilité, selon Moncef, à cause d'une entrée trop discrète. « Il y a un an et demi, nous avons travaillé sur notre référencement digital. J'avais créé moi-même notre site internet, mais il n'apparaissait que loin dans les pages des moteurs de recherche. Alors, j'ai demandé à des jeunes férus d'internet de travailler à rendre mon site plus visible sur la toile. C'est ce qu'on appelle le référencement. » Moncef ajoute qu'une campagne de dépose de flyers sur les deux roues a également été menée à cette époque. Focus sur les deux-roues En 2018 donc, le site web de Kleen Me est plus consulté qu'auparavant et de nouveaux clients sont captés. Mais, au final, tous ces efforts ont surtout eu un effet sur le lavage auto, plus que sur celui des deux-roues. Moncef n'a pas l'intention de jeter l'éponge pour autant : il veut vraiment accueillir plus de deux-roues à l'avenir. Et ce, en approfondissant les deux pistes de communication qu'il avait déjà suivies : améliorer le référencement sur le web en ajoutant textes et visuels concernant les deux-roues sur son site ; et persévérer dans la distribution de flyers, funs et originaux, promouvant des tarifs attractifs. Les réseaux sociaux en plus « Je pense aussi à la présence de Kleen Me sur les réseaux sociaux. Il faut que je trouve, comme pour le référencement du site, une personne compétente sur ce créneau. Je ne veux pas passer par une agence de communication pour ça. Je préfère m'adresser à un jeune qui connaît tout par cœur, un 16-25 ans ! Je pense que l'on pourrait obtenir de bonnes retombées par ce biais, sur des catégories de clients deux-roues bien ciblées. »- Un marché à développer « Les deux-roues m'intéressent parce que leur temps de nettoyage est réduit. Pour laver une petite voiture, on met environ 50 minutes. Et pour un scooter, 20 minutes. Et on consomme moins d'eau et pas de produits comme pour l'intérieur d'une voiture. Ça prend aussi moins de place dans le garage, ce qui nous permet d'offrir à nos clients la possibilité de stocker leur deux-roues chez nous avant et après le lavage lui-même. Bref, pour moi, c'est plus rentable un scooter... » Une activité complémentaire Si Moncef et son associé se sont lancés sur ce marché du lavage des deux-roues, c'est en connaissance de cause et en ayant conclu qu'il ne pouvait constituer qu'une activité complémentaire, en tous les cas dans une grande ville telle que Paris. « C'est un service qui prend de l'espace et du temps : deux choses qui valent cher... Surtout à Paris concernant l'emprise au sol, très onéreuse ! Alors, pour rentabiliser cet investissement, vous pouvez avoir envie d'augmenter le tarif du nettoyage. Mais celui d'un deux-roues ne peut pas être trop conséquent non plus, sous peine de n'intéresser aucun client ». Moncef se base sur une estimation qu'il a faite du montant que dépense un propriétaire de deux-roues, type scooter pour aller au travail, dans un centre de lavage auto : huit euros seulement en moyenne avec une lance haute pression. « Ça n'est donc que sur le volume de véhicules à nettoyer que vous pouvez axer votre stratégie pour rentabiliser ce service. » Pénurie de centre de lavage deux-roues à Paris Selon Moncef, c'est, dans les grandes agglomérations, ce coût prohibitif de l'espace et des loyers y afférant, qui explique le peu de solutions offertes aux conducteurs de deux-roues en matière de lavage. Car, c'est vrai, les centres de lavages de deux-roues ne se sont pas multipliés ces dernières années à Paris... Et en plus, selon Moncef, les trois ou quatre centres de lavage deux-roues parisiens ne se sont pas vraiment développés. Alors même que le nombre de ces véhicules légers, lui, a augmenté notablement. Le lavage de véhicules électriques La multiplication des deux roues à Paris est aussi passée par celle des scooters électriques, en partage surtout. Moncef qui ne s'interdit aucun développement possible, a cependant vécu une mauvaise expérience avec Autolib : « Les voitures que les opérateurs d'Autolib nous apportaient, étaient des poubelles ambulantes ». Et puis, pour ce qui est des deux roues électriques, Moncef s'interroge aussi sur la rentabilité de leur lavage très spécifique qui rapproche l'eau et l'électricité. « Il y a des points techniques très précis à connaître et à appliquer. Par exemple, sur la pression de l'eau qui doit être modérée... » Des vélos à laver ? A propos d'un service de lavage pour les vélos, dont le nombre, à l'image des deux-roues motorisés, a été boosté ces derniers temps, Moncef reste encore ouvert. « Nous avons, de temps à autre, des cyclistes qui viennent nous voir pour regonfler leurs pneus ou passer un coup de jet. Comme je suis cycliste moi-même, je leur offre ce service, par solidarité ! ». De là à en tirer des revenus... « Je ne sais pas si la clientèle parisienne est disposée à payer... J'en doute un peu quand je vois l'état de saleté des vélos dans la capitale. » Il entrevoit pourtant un créneau, celui des vélos électriques qui, beaucoup plus onéreux à l'achat que des vélos classiques, pourraient être l'objet de plus d'attention de la part de leurs propriétaires. « Mais, on rejoint là la problématique des scooters électriques en partage... un lavage corsé ! ». MARIE MARTIN Moncef Dadci, gérant de Kleen Me, souhaite développer l'activité lavage de deux-roues dans son centre. Pour cela, il veut davantage communiquer, d'une part en ajoutant textes et visuels de deux-roues sur son site web mais aussi en continuant la distribution de flyers. CHEZ KLEEN ME AUJOURD'HUI... Une tarification adaptée La prestation lavage à la main de deux-roues est séparée en deux catégories : lavage de scooter de 15 à 20 euros selon la taille, et lavage de trois-roues et motos à 25 euros (30 euros pour les Harley dont le traitement est spécifique). Deux tarifs que Moncef justifie par le résultat obtenu notamment concernant les jantes, les roues, le décrassage du moteur... « Les produits que nous utilisons ne sont pas ceux proposés aux particuliers. La pression de l'eau est chez nous bien supérieure à celle proposée en libre-service. Les buses sont aussi différentes. Et nous n'utilisons pas d'eau recyclée pour nettoyer. Nous sommes aussi plus écologiques quant à la consommation totale d'eau : 1 litre seulement pour un scooter ». La répartition actuelle des lavages deux roues chez Kleen Me est la suivante : 60 % de motos, et le reste en scooters. Pour les deux catégories, l'activité s'avère très saisonnière, surtout en Ile-de-France semble-t-il. « On a beaucoup moins de deux-roues à laver quand il pleut et en hiver. » Le client type de Kleen Me Le profil de client de ce service proposé par Kleen Me est précis. Pour Moncef, il s'agit de motards CSP+, d'une cinquantaine d'années, possesseurs de cylindrées supérieures à 500 cm3 et d'une valeur de 10 à 12 000? (donc haut de gamme), et qu'ils utilisent pour leurs loisirs. « Souvent, c'est une grosse BMW, précise Moncef, et cette moto est le second véhicule du foyer, le mode de déplacement alternatif ». C'est le week-end, souvent, que ces clients viennent au centre de lavage. Ils estiment le rapport qualité/prix de Kleen Me intéressant par rapport à la concurrence et font confiance au centre. Pour les scooters, c'est autre chose : Moncef voit surtout passer des 125 cm3, utilisés en ville, quotidiennement. La demande est différente : souvent, il s'agit de remettre dans un état qui valorise l'engin en vue d'une revente. La répartition actuelle des lavages deux roues chez Kleen Me est la suivante : 60 % de motos, et le reste en scooters. Pour le gérant de Kleen Me, l'un des avantages de l'activité de lavage des deux-roues c'est le gain d'espace : « Ça prend aussi moins de place dans le garage, ce qui nous permet d'offrir à nos clients la possibilité de stocker leur deux-roues chez nous avant et après le lavage lui-même. Bref, pour moi, c'est plus rentable un scooter... » LE CENTRE DE LAVAGE DEUX-ROUES IDÉAL... SELON MONCEF ! Il comporterait trois ou quatre pistes haute pression en self-service, plus petites que celles dédiées aux voitures. Moncef n'envisage pas de cabines automatiques de lavage des motos : il n'y croit pas et estime même qu'après un tel lavage, on n'a plus qu'à le réitérer, mais à la lance ! Le centre couvrirait environ 100 m2. Il y aurait aussi des accessoires spécifiques pour les motards : des brosses aux dimensions plus modestes, adaptées aux deux-roues. Elles existent déjà, dit-il, mais restent très chères. Il prévoirait également une zone de dépose des affaires personnelles des clients : casque et autres objets. De petits casiers à clés, peut-être pour cela ? Il y aurait aussi, bien sûr, un endroit pour regonfler ses pneus. Sans doute encore une mise à disposition de produits essentiels au bon fonctionnement des deux-roues, comme des lubrifiants. Eventuellement encore la vente de produits de première nécessité pour les motards tels que pantalon imperméable, gants, charlotte hygiénique... Crédits photos : Martin