stationequipeabonnementboutiquepubContact

GL&SSA N°97 - Janvier/Février 2021historiqueLe lavage selon Mercedes-BenzDu plumeau au portiqueLe musée Mercedes-Benz de Stuttgart a récemment mis en lumière ses archives sur ses voitures et le lavage... Alors que l'industrie du lavage se perfectionne, le constructeur a, de son côté, modifié et amélioré ses modèles, parfois en fonction de leur passage en centre.Le musée ultra-design de Mercedes à Stuttgart, qui a ouvert ses portes en 2006, offre aux visiteurs une importante surface d'exposition de 16 500 m2 répartie sur 9 étages. 1 500 véhicules sont présentés dans ce vaste édifice au look du Guggenheim de New York et de Bilbao... En moyenne, plus de 850 000 visiteurs s'y rendent en temps normal. On peut aussi y faire une visite virtuelle*.Les Allemands vouant un véritable culte à l'automobile, le constructeur à l'étoile a eu la bonne idée de montrer certaines de ses archives évoquant des événements autour de l'auto. Le musée expose non seulement 125 années d'automobile mais également des espaces thématiques, c'est ce qui fait aussi la richesse de ce musée unique au monde. Le thème du lavage a été présenté tout récemment, et c'est bien évidemment une mine d'infos pour les passionnés du secteur.Naissance de la voiture et du lavage« On a d'abord eu recours au plumeau, puis à l'éponge et le seau d'eau avant de passer aux choses sérieuses, les centres dédiés avec des machines... » racontent Friederike Valet et Julia Höfel responsables de la communication du musée et du service « Classic » de la marque.D'après leurs recherches et les archives du musée, il faut remonter à 1914 pour assister à l'ouverture du premier car wash qui se trouve dans la ville de l'auto aux Etats-Unis, qui est à l'époque, Detroit (Etat du Michigan). Ford, Chrysler et General Motors (surnommés les « Big Three ») deviennent les principaux employeurs ! Le Nord du pays connaît « une massification de l'automobile » au point que Frank McCormick and J. W. Hinkle inaugurent le premier tunnel de lavage... Les voitures, tirées par une chaîne au sol, avancent pendant que des préposés font le job à l'aide de tuyaux d'arrosage et de brosses. Un dispositif calqué sur celui de la chaîne d'assemblage dans les usines d'Henry Ford par exemple. Chaîne d'assemblage qui sera reprise par tous les constructeurs...En République fédérale Allemande (RFA), tout le monde rêve d'avoir une auto, et à partir des années 50 se profile un « miracle économique » dont l'automobile y contribuera largement jusqu'à aujourd'hui (en 2020, rappelons que l'Allemagne a immatriculé plus de 3 millions de voitures, c'est de loin le premier en Europe, la France étant deuxième). Un nouveau mode de transport voit le jour, mais c'est aussi « la fierté de posséder une auto. Le samedi on se rend au centre de lavage » soulignent les auteures de l'expo. La mécanisation intégrée au lavageHier des tuyaux qui arrosaient, aujourd'hui un système mécanique combinant plusieurs fonctions... En 1962, Johann Sulzberger et Gebhard Weigele, inventeurs allemands, déposent un brevet pour un « système automatique de lavage de véhicules à moteur ». La machine est dotée de 2 brosses rotatives guidées au sol par des rails. L'ancêtre du portique est né. Le système est ensuite décliné.Quelle différence entre un portique ou un convoyeur ? « Quelle question ! » me direz-vous, mais tout à fait d'actualité car au début, le lavage avec des brosses mécanisées et des pulvérisations d'eau est basique... Soit le véhicule est fixe et c'est la machine qui fait le travail du lavage, soit c'est la voiture qui avance et passe une à une les étapes de lavage... Dans ce cas précis, le conducteur assis reste derrière son volant et participe aux différentes étapes (d'où la notion de spectacle qui sera ensuite développée avec le temps, que ce soit avec des éclairages -puis des led plus tard -, le canon à mousse et le rideau de mousse). Il n'empêche, les Allemands adhérent et c'est ce qui explique pourquoi le lavage est si important Outre-Rhin...Chez Mercedes, pour les modèles GLS et GLA, les ingénieurs ont adopté une fonction « car wash » innovante qui consiste, avant le passage au portique ou au tunnel, à replier automatiquement les rétros, à fermer les vitres et éventuellement le toit ouvrant par simple touche sur un bouton. Au même moment, la clim se met en mode « recirculation d'air » et le capteur de pluie actionnant les essuie-glaces se désactive... Lors du départ du centre, tout se remet en place dès la vitesse de 20 km/h franchie pour le plus grand bonheur des occupants !Cire chaude et séchageMercedes-Benz se rappelle également de l'arrivée de la cire chaude avec son extraordinaire résultat de lustrage (une avancée à l'époque) et surtout du mode séchage dans le lavage... Presque plus de gouttes ou de traces et une soufflerie bruyante au possible... Que de progrès, depuis !« Inutile aussi de s'inquiéter de l'usure après chaque passage au portique et au tunnel » explique le constructeur, qui observe des évolutions. « L'eau aujourd'hui est recyclée et nettoyée de toutes ses impuretés, y compris de l'huile, avant d'être remise dans le système. Les matériaux utilisés pour fabriquer les véhicules, telle que la peinture, ont évolué pour résister au temps... De même pour les parties chromées (nombreuses à une époque) ou encore les différents revêtements de siège et des portes ou encore de la planche de bord ».Le constructeur rappelle qu'en Allemagne, il est interdit de laver sa voiture sur la voie publique. « Les citoyens tenant à laver leur auto eux-mêmes se rendent aux centres équipés de pistes haute pression, il y a en a désormais partout notamment dans les stations-service ». Avec cette obsession d'économiser l'eau à tout prix, le constructeur envoie également un message auprès des visiteurs pour les inciter à biens s'équiper, et se rendre en boutique où ils trouveront tous les produits disponibles pour que leur voiture redevienne comme neuve.Entretenir pour conserver le patrimoine...Mais ce n'est pas tout. Il faut bien s'occuper des véhicules du musée ! Les préposés participent ainsi au grand nettoyage et lustrage des voitures de collection. Un travail colossal réalisé dans le bâtiment lui-même. Ce qui est programmé tous les lundis, jour de fermeture du musée, il est « vite fait, bien fait ». On a ainsi recours au « plumeau spécial pour automobiles », des chiffons doux et du polish « spécial voitures anciennes ». Les résultats sont surprenants : les véhicules sont aussi neufs que lors de leur sortie de la chaîne pour le plus grand plaisir des visiteurs. Comme quoi, chouchouter sa voiture est un « must », car l'Allemagne est devenue au cours des 70 dernières années le pays européen où le « lavage est roi ».FRANÇOIS GILBERTLes garagistes sont généralement les premiers à s'occuper du lavage, parmi les nombreux services offerts...UN MUSÉE RICHE ET INCONTOURNABLELorsque la crise sanitaire s'atténuera et que les visites seront de nouveau possibles, rendez-vous à Stuttgart pour découvrir ce trésor de l'étoile.Peut-on imaginer 125 ans d'histoire de l'automobile allemande en un seul endroit... C'est ce que propose le musée Mercedes, le plus grand du genre, puisque y sont réunis non seulement des autos mais aussi des camions, des cars, des véhicules de service de la marque. Sans oublier de magnifiques voitures de course. Un voyage passionnant dans le temps mis en évidence dans ce bâtiment qui reprend le principe de circulation par rampes, afin de passer d'un étage à l'autre... Avec l'adoption de salles thématiques on est surpris des découvertes et on ne voit pas le temps passer.On oublie que Daimler et Benz au 19e siècle étaient concurrents. Le 4 roues à moteur « benzin motor carriage », une voiturette avec moteur essence (baptisée Motorkutsche) de Gottlieb Daimler (avec l'aide de Wilhelm Maybach) voit le jour en 1886. Le premier véhicule à 3 roues (le Téo) de Karl Benz est né à peu près à la même époque (de 1885 à 1887, il crée 3 versions de son tricycle équipé d'un moteur monocylindre refroidi par eau). Une avancée spectaculaire...Il faut se rappeler aussi qu'en 1899, le concurrent allemand de Daimler, Benz and Company, était devenu le plus grand constructeur automobile du monde. La même année, le riche homme d'affaires autrichien, Emile Jellinek, voit un Daimler Phœnix remporter une course à Nice. Il était tellement impressionné par la voiture de Daimler qu'il a proposé de lui acheter 36 véhicules s'il créait un modèle plus puissant, mais il a demandé que la voiture porte le nom de sa fille, Mercedes. En 1926, la marque de moteur et d'automobile allemande Daimler-Motoren-Gesellschaft sera rebaptisée Daimler-Mercedes-Benz après la fusion avec Benz & Cie de Karl Benz.Photo du haut : ces jets d'eau reliés par des tuyaux sont sans doute les ancêtres de ceux équipant les portiques... Ci-dessus, dans un centre de lavage de Detroit au Michigan, l'auto est tractée au moyen d'une chaîne au sol comme dans les usines.Mercedes-Benz adapte assez rapidement sur certains de ses modèles, diverses fonctions « lavage » : en appuyant sur une commande, les rétros se replient ou le toit ouvrant se referme... L'Allemagne devient rapidement le champion européen des tunnels de lavage, mais la présence humaine reste indispensable pour certaines tâches, ce qui est le cas encore aujourd'hui. Crédits photos : Daimler AG et Mercedes-Benz AG